Mimizan avenir

Débat d’orientations budgétaires: intervention de l’opposition

Débat d’orientations budgétaires: intervention de l’opposition

Voici l’intervention des élus de l’opposition lue par Xavier Fortinon au cours du débat d’orientations budgétaires du conseil municipal du 1er mars 2018:

 

Monsieur le maire, Monsieur le rapporteur,

Pour préparer cette séance du Conseil municipal consacrée au Débat d’orientations budgétaires, je me suis attaché à relire l’ensemble des débats de cette nature qui ont égrainé les années 2008-2018.

Cela fait dix ans que vous dirigez la commune de Mimizan.

Afin que chacun mesure le chemin parcouru durant cette période, regardons l’évolution de deux indicateurs qui sont communément utilisés pour diagnostiquer la santé financière d’une collectivité : l’épargne nette et la capacité de désendettement.

L’épargne nette mesure la capacité de la collectivité à dégager de l’autofinancement pour financer son investissement, après avoir remboursé son annuité de dette.

En 2008, quand vous êtes devenu maire cette épargne nette était de 1300 000€.

A la fin de l’exercice 2017, cette épargne nette est de -123 000€. Cela signifie qu’aujourd’hui, nos recettes courantes ne permettent plus de rembourser l’annuité de dette; il faut faire appel aux recettes propres d’investissement que sont par exemple les cessions de foncier.

Durant toutes ces années où la commune a été confrontée, comme toutes les collectivités de France, à une réduction de ses recettes et particulièrement celles émanant de l’État, les efforts nécessaires en matière de maîtrise de dépenses furent insuffisants, ce qui nous conduit à l’impasse budgétaire que nous constatons collectivement aujourd’hui.

Durant toutes ces années où nous vous avions mis en garde sur la dégradation de notre situation et sur la nécessité de changer de trajectoire, vous avez souvent raillé nos analyses en les qualifiant de catastrophistes. Nous pouvons regretter collectivement qu’elle aient été considérées comme des critiques systématiques d’opposants et non comme des analyses constructives permettant une nécessaire prise de conscience.

Tous les ans, à nos interpellations sur l’effet ciseau créé par une augmentation plus rapide de nos dépenses de fonctionnement que nos recettes, vous me répondiez invariablement que dès l’année suivante vous feriez les efforts nécessaires. Et année après année nous constations l’inverse. Encore cette année, les charges de personnel qui représentent près de 60% de notre budget de fonctionnement évoluent en 2017 de 5.5% soit près de 400 000€ de plus qu’en 2016, alors que dans le même temps, nos recettes de fonctionnement diminuaient de près de 300 000€.

La gestion en bon père de famille exige que nous dépensions toujours moins que ce que nous gagnons. L’année 2017 marque en cela une rupture car nous avons dépensé plus que les recettes encaissées, ce qui conduit à une épargne nette négative.

Notre capacité de désendettement s’analyse à travers le ratio encours de dette/ épargne brute. Il mesure le nombre d’années nécessaires pour rembourser l’ensemble de notre encours de dette, si nous mobilisions la totalité de notre épargne.

En 2008, c’était 6 ans qui étaient nécessaires. En fin 2017, c’est 16.3 ans. Il est unanimement admis par les analystes financiers- qu’ils soient de l’administration publique, des cabinets indépendants ou de la Chambre régionale des comptes- que la côte d’alerte se situe entre 10 et 12 ans. Alors que jusqu’à 2016 vous aviez contenu cet indicateur autour des six ans, il a brutalement dérapé compte tenu de la diminution importante de l’épargne. Les projections qui nous sont présentées pour 2018 et 2019 ne sont pas de nature à nous rassurer car cet indicateur se situerait à 26.5 ans en 2019.

Pour sa part, l’encours de dette qui était de 8 783 000€ en 2016 serait porté à 13 807 000€ en 2018, soit une progression de 57% en deux ans. L’annuité de la dette, qui était stable depuis plusieurs années, progresse elle aussi en 2018 de plus de 200 000€, ce qui contribue là aussi à amputer nos capacités d’autofinancement et à détériorer en 2018 l’épargne nette.

Malgré ces indicateurs préoccupants, vous maintenez une trajectoire qui au regard des éléments que vous nous avez communiqués n’améliore pas les recettes de fonctionnement, si ce n’est ponctuellement, par les excédents de budgets annexes transférés en 2018 et n’infléchit pas notoirement les dépenses de fonctionnement. Comme tous les ans vous tablez sur des recettes de cession du patrimoine pour financer l’investissement. Les années passées nous ont démontré que les prévisions étaient rarement réalisées. Pour exemple, l’année 2017, 1233 000€ de ventes ont été budgétées et seulement 338 000€ conclues.

En 2018, c’est 2 100 000€ de ventes qui sont envisagées et qui constituent avec les emprunts les ressources pour financer l’investissement. Au regard du niveau de réalisation des ventes les années antérieures, on peut légitimement s’interroger sur notre capacité à réaliser cette recette.

Nous nous sommes attachés, Monsieur le maire, à aborder le débat budgétaire en voulant vous faire partager un diagnostic objectif de la situation financière de notre commune, afin que vous preniez les mesures indispensables pour inverser la dégradation que vous avez vous -même constatée lors de la commission des finances.

 

 

Dernier commentaire

  • Yves Serveto
    4 mars 2018 at 13 h 21 min Répondre

    Il s’agit bien ici malheureusement de constater que la gestion en bon père de famille a été délaissée dans l’approche de la majorité municipale. Les indicateurs financiers du trésor Public, ou ratios confirment bien la dégradation des comptes de la commune de Mimizan, au travers notamment de la capacité d’autofinancement, de l’évolution de l’encours de dette, mais aussi du patrimoine de la collectivité.
    Il est facile de regarder sur le site du ministère « les comptes des communes », la confirmation de tout cela.
    Gestion en bon père de famille et emploi des deniers publics : deux choses qui interpellent vraiment. Sans oublier cet effet ciseau (écart entre augmentation des dépenses courantes, et baisse des recettes). C’est bien les services de proximité qui sont délaissés et le bon entretien des installations municipales.

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