Mimizan avenir

Le petit bout de la lorgnette

25/02/2016 – 18 h / 20 h

Atmosphère : petites phrases

Le débat d’orientations budgétaires (DOB) a donné lieu à des échanges vigoureux à défaut d’être rigoureux, majoritairement parlant. Le maire a ponctué son approbation par un « adjugé » digne d’un commissaire-priseur. Compte tenu du foisonnement des points abordés, je vous invite à en lire le compte-rendu  sur le site de la mairie*. Vous n’y verrez pas cependant les nombreux apartés entre le maire, le premier adjoint et le directeur général des service (DGS), relayés par un conseiller, pour apporter une réponse aux questions de l’opposition. Mais que fait « La M. » ? Ce sont de tels moments qu’elle devrait filmer.

Certaines petites phrases assassines distillées pendant cet échange méritent pourtant que l’on s’y attarde. Xavier Fortinon explique pour la énième fois que la population mimizannaise stagne, qu’elle est vieillissante, que les résidences secondaires progressent alors que les résidences principales régressent. Qu’il faut inverser cette courbe. Que sur la commune, il y a plus d’emplois que de population active qui préfère se loger dans la périphérie de la ville…

Afin d’apprécier les commentaires désopilants de la majorité, ouvrons  la rubrique : « Le sachiez-vous ? »

« Les vieux meurent de préférence plus tôt que les jeunes. » Pour « La M. », je propose quelques rires enregistrés… et un tableau de statistiques.

« Le problème de la population, c’est un problème de manque d’emplois. »

« Notre intérêt c’est de loger des Mimizannais, mais ils ne veulent pas. »

« C’est pas nouveau, les gens qui travaillent à la Papeterie  vivent à Mézos, Bias, Aureilhan. »

Justement, n’est-ce point là que le bât blesse ?

Venant à la rescousse du maire, deux conseillers s’auto-louangent : « Les chantiers sont appréciés par plein de gens. Mimizan change et s’embellit. Pas besoin d’être prix Nobel d’économie et de gestion pour s’en rendre compte. » « Vous êtes de mauvaise foi. Vous critiquez tout le temps. On voit bien qu’on a gagné en compétences. »

Tant d’autopromotion cacherait-elle un besoin de se rassurer ?

A la séance « satisfaction » succède le bureau des pleurs. Le maire se plaint : « Vous me prenez pour un débile et un menteur. » « Je ne suis pas très intelligent. » Mais qui le dit ? A part lui…

Le conseil s’achèvera sur un dernier échange entre Marie-France Delest et Annie Barantin. La première remarque que la ZAC des Hournails va accroître la disparité de la population. Il y a un grand besoin de locatif et de mixité sociale. Mme Barantin va oser cette argumentation : « Nous avons 192 demandes. Plus de 100 de ces gens viennent de l’extérieur, ils viennent avec rien, ils sont au chômage, au RSA. » Et le maire de surenchérir : « Nous ne voulons pas des gens du 93. »

La réponse est cinglante : « On choisit donc notre population. »

Prise au piège de la discrimination par cet attristant aveu, Mme Barantin se hausse du col et la coiffeuse prend le pas sur la conseillère : « J’ai fait plus de social que vous dans ma boutique. » A quoi bon commenter une telle justification ?

Nous savions que la majorité affichait ses préférences en gestion communale (BEA, DSP…). Depuis ce soir, nous connaissons aussi ses préférences sociales : les Français dans la difficulté sont persona non grata à Mimizan. Reviens, Victor Hugo, reviens !

Arlette Bouigue

 

* Il sera publié à l’issue du prochain conseil municipal, dès qu’il aura été adopté par les conseillers.

 

Dernier commentaire

  • yann
    29 février 2016 at 18 h 35 min Répondre

    Juste un questionnement,

    Vouloir une population aisée n’est-il pas un présage que la municipalité actuelle envisage une augmentation d’impôt dans les années futures?

    • Mimizan Avenir
      1 mars 2016 at 9 h 38 min Répondre

      Les choix actuels de la municipalité en matière d’accueil de population contribuent à augmenter le prix du foncier pour l’ensemble des accédants et excluent de fait la majorité des salariés occupant des emplois sur notre territoire.
      La cession des terrains municipaux aux plus offrants poursuit la volonté municipale de ne pas augmenter des impôts sur le mandat. c’est une politique à courte vue car le patrimoine n’est pas illimité. Il serait plus efficace de mener une politique de baisse des dépenses de fonctionnement courant pour continuer à investir pour l’avenir. Inévitablement, cette situation ne pourra pas durer. On a vraiment l’impression d’une gestion du type « après moi le déluge ».
      Xavier Fortinon

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