Mimizan avenir

Allocution de Xavier Fortinon

Allocution de Xavier Fortinon

Ses mots , lors de sa réélection à la présidence de la Communauté de communes:

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Par ce vote, vous m’accordez votre confiance. Je vous en remercie sincèrement et tâcherai de ne pas vous décevoir. Jean Richard Saint Jours, lors de la rencontre préalable des Maires en vue de l’installation du Conseil Communautaire déclarait : « Tous les feux sont au vert. »

Je le rejoins pleinement et cette situation favorable pour notre communauté nous oblige encore plus. L’opportunité qui nous est offerte de franchir un cap supplémentaire dans la coopération entre les communes, au bénéfice de nos habitants et du territoire, doit être le fil rouge qui guidera nos pas et nos actions.

Vous me connaissez : je suis l’homme d’un territoire et non celui d’une commune.

Mes premières pensées sont pour ceux qui furent à l’origine de cet établissement public, le premier dans les Landes, bien avant les lois créant les communautés de communes. Ils avaient été précurseurs car ils avaient compris avant les autres que le développement ne passerait que par la solidarité et le dépassement des frontières communales. Jean Bourden, Jacques Lamothe, Bernard Boyau, Raoul Duvignau, Dominique Dubroca, il y a près de trente ans, avaient défini le projet fédérateur qui s’appuyait sur nos ressources que sont la forêt, l’océan et notre cadre de vie. C’est toujours autant d’actualité, avec la nécessaire relocalisation de nos activités économiques, le besoin de souveraineté alimentaire, le défi climatique et énergétique. Durant ces trente ans, la Communauté de communes a ajouté des cordes à son arc et a élargi ses champs d’intervention et est présente au quotidien au service des habitants en distribuant ce bien essentiel qu’est l’eau ; en accompagnant les personnes âgées dépendantes avec le Centre intercommunal d’action sociale (CIAS) ; en délivrant savoir et plaisir avec son école de musique et sa piscine intercommunale. Elle a su relever les enjeux d’avenir en s’investissant dans la démarche Territoire à énergie positive(TEPOS) et en lançant des opérations de rénovation des bâtiments publics et en accompagnant les particuliers dans leur démarche pour améliorer les performances énergétiques de leurs logements. Elle a anticipé l’érosion du littoral en définissant une stratégie locale de gestion du trait de côte qui débouchera, je l’espère prochainement, vers les travaux sur les berges du courant et son embouchure, au terme de la procédure administrative qui sera marquée cet été par une enquête publique. Elle s’est investie très tôt dans les problématiques de mobilité qui ont une acuité particulière aujourd’hui, et pour lesquelles, le schéma cyclable en cours de finalisation continuera d’apporter des réponses nouvelles aux besoins croissants qui se font jour. Elle s’est engagée dans la gestion de la préservation du lac et de ses tributaires par une lutte active contre le comblement et aujourd’hui contre la prolifération des plantes invasives, tout en valorisant ce joyau environnemental en le donnant à voir et à découvrir au plus grand nombre avec des moyens terrestres et aquatiques. Elle a pris à bras le corps la couverture médicale avec la réalisation de deux Maisons de santé pluri professionnelle (MSP) regroupant la quasi totalité des généralistes du territoire et en y associant des spécialistes en consultations avancées et des paramédicaux pour avoir une prise en charge de l’ensemble du parcours de soins. On a pu mesurer durant la crise sanitaire l’efficacité d’un tel dispositif.

Je ne me lancerai pas dans une liste exhaustive de toutes les compétences et les actions portées par la communauté. Je me contenterai d’esquisser ce que ce sera la philosophie qui sous-tendra la gouvernance des six ans qui viennent.

Bien que cela fasse trente ans que la communauté de communes est dans le paysage institutionnel local, elle demeure particulièrement méconnue par les habitants de notre territoire et par beaucoup des élus des conseils municipaux. Il est vrai que ce sont les élus municipaux qui sont élus au suffrage universel direct et que les élus communautaires demeurent pour beaucoup d’entre eux, avant tout, des élus communaux. Une des gageures de ce mandat serait que les vingt- six élus qui siègent dans cette assemblée raisonnent communauté et non exclusivement commune. Je ne pense pas que cette exigence relève d’un dédoublement de la personnalité mais plutôt de la mise en pratique de l’intérêt général à l’échelle d’un territoire. Beaucoup des sujets que nous avons à traiter, s’affranchissent des frontières communales : les habitants de notre communauté bénéficient de services sans se préoccuper de ceux qui les leur rendent. Nous avons le devoir de rendre plus lisibles nos politiques publiques au bénéfice de nos concitoyens. Nous devons toujours choisir l’échelon le plus pertinent et le plus efficace en faisant fi de nos clochers d’origine. La mutualisation des moyens humains et matériels entre nos collectivités doit être examinée au regard des avantages qu’elle produit et non de façon systématique et dogmatique. Il faudra être attentif à la dimension humaine de cette organisation et s’entourer de toutes les précautions et concertations nécessaires pour qu’elle produise les effets bénéfiques attendus. Elle devra se faire progressivement et faire l’objet d’évaluation permanente pour en adapter le périmètre.

Le champ des compétences de la communauté évoluera selon la volonté majoritairement affirmée des élus et dans le respect d’un transfert des charges équilibré et juste. Le pacte financier qui a toujours guidé la vie de cette communauté pourra faire l’objet d’évolution si le besoin s’en fait sentir et si la volonté et les intérêts de tous sont respectés. La péréquation s’est toujours faite au bénéfice des communes les moins peuplées et les moins favorisées : c’est cette ligne de conduite qui guidera nos choix en étant vigilant sur la situation financière de chacune des communes. Il faut rappeler que plus de la moitié du budget de fonctionnement de la communauté est redistribué actuellement aux communes. Ce faisant, les moyens de la communauté pour accroître son champ d’intervention sont particulièrement contraints.

La présence dans nos murs de la Chambre Régionale des Comptes pour examiner les cinq derniers exercices budgétaires nous permettra d’avoir une analyse de la situation financière ainsi que de l’ensemble des procédures en matière de gestion des ressources humaines et de gestion des marchés publics. Elle servira de référence à la définition de la trajectoire financière pour les prochaines années, tant pour le budget général que les budgets annexes de l’eau, de l’assainissement et de la zone d’activité du Born. Nous avons ces dernières années mené une politique d’investissement significative, jamais réalisée jusqu’alors, afin de rattraper un sous- investissement notoire dans nombre de domaines tout en confortant l’ensemble des ratio de gestion tant au niveau de l’épargne nette que de la capacité de désendettement. Cette politique s’est accompagnée d’une stabilité fiscale et d’une stabilité des tarifs de l’eau durant les six dernières années.

La crise sanitaire que nous traversons, accompagnée de la crise économique et sociale qui se profile, aura une répercussion sur les finances de notre collectivité, dès l’année 2020 et de façon certaine sur les années suivantes. Nous aborderons ces sujets lors de la session budgétaire du 29 juillet qui sera précédée de la commission des finances et du conseil d’exploitation de l’eau, la semaine prochaine. Durant toute cette période nous vous avons tenu informé des décisions que j’ai été amené à prendre tant dans la continuité du service public que dans le soutien au tissu économique local. Nous vous présenterons plus dans le détail l’ensemble des mesures prises dans les prochaines séances. Je tenais à remercier, en votre nom, l’ensemble des agents qui ont su faire preuve du sens des responsabilités et de dévouement durant cette période compliquée pour tous. La cohésion, l’engagement, la solidarité en direction des plus vulnérables ont rythmé cette période. Elle a permis de vérifier la capacité d’adaptation de nos organisations et d’esquisser des évolutions en matière de télétravail qui pour une majorité de services a démontré toute sa pertinence et son efficacité.

La gouvernance qui vous est proposée, composée de six vice- présidents, de deux délégués et de cinq membres de bureau donne une place significative à toutes les communes indépendamment de leur taille et à toutes les représentations, sans aucune exclusive. Elle est complétée par six commissions thématiques et le conseil d’exploitation de l’eau.

La totalité des communes aujourd’hui semble être sur la même orientation et souhaite une collaboration étroite entre communes et communauté de communes. Faisons collectivement en sorte de transformer cet essai et associons au maximum l’ensemble des élus municipaux pour leur faire partager tout l’intérêt du travail en commun. C’est la clef de la réussite de notre projet et de la diffusion de nos actions auprès de la population pour qu’elle- même en soit demain le meilleur ambassadeur.

Je terminerai en rendant hommage aux élus qui ont œuvré sans réserve pour que vive le fait communautaire sur ce territoire et qui ont fait le choix de ne pas se représenter avec une dédicace particulièrement amicale à celui qui fut de l’aventure depuis le début en tant que conseiller municipal d’abord et premier vice- président durant les six dernières années : vous aurez reconnu Jean- Marc Billac. Il aura marqué de sa personnalité bienveillante, de son investissement inlassable et de sa détermination raisonnée, les esprits de tous ceux qui l’ont croisé et je ne doute pas qu’il aura insufflé à son successeur, ce supplément d’âme indispensable pour porter haut les valeurs de ce territoire pour qui nous devons tous nous montrer à la hauteur.

 

Dernier commentaire

  • Salvaire Olivier
    21 juillet 2020 at 5 h 55 min Répondre

    Bonjour,
    Prévoir des travaux au niveau de l’embouchure pour refaire à l’identique la même configuration ( forme géométrique) serait une erreur. En effet, on peut aisément le constater que cela ne fonctionne pas et engendre des problèmes justement de trait de côte, de sécurité majeurs et des problèmes d’ordre sanitaire le tout avec toutes les conséquences que cela engendrera pour la station.

    • Mimizan Avenir
      21 juillet 2020 at 12 h 07 min Répondre

      Bonjour,
      L’enquête publique est ouverte et se déroule du 21 juillet au 21 août. Vous pouvez consulter le dossier sur le site de la préfecture, celui de la communauté de communes et un exemplaire papier est consultable à la mairie de Mimizan. Vous aurez la possibilité de rencontrer le commissaire enquêteur pour lui faire part de votre analyse et de vos observations le 30 juillet, le 10 ou le 21 août. Le projet présenté a fait l’objet de nombreuses études et modélisation et tient bien sûr compte de la géomorphologie du site. Les avis de la DREAL et du CNPN sont très clairs. Nous ne pouvons modifier fondamentalement les ouvrages existants. Néanmoins, il est prévu une reprise de la digue nord avec suppression du liaisonnage entre les enrochements afin de prendre en compte les mouvements sédimentaires, ainsi qu’une réfection complète de la partie terminale de la digue sud qui se situera aussi à la même altimétrie que la digue nord. Le transit de sable au large de l’embouchure constitue le principal déterminant sur le fonctionnement de cette embouchure. La situation est étroitement liée aux positionnements différents des bancs de sable d’une année à l’autre. Les remarques que vous faites ont été évoquées lors de la rencontre avec les usagers du courant en présence du bureau d’étude Casagec qui a expliqué les raisons justifiant les aménagements proposés tant pour l’embouchure que pour l’ensemble du courant sur ses parties littorales de transition et fluviale.
      Xavier Fortinon

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